Présentations

Le message du Conseil Régional de Bourgogne

Allocution de Jean-Pierre Soisson

Dijon, le 5 mars 2004

Voici le premier colloque organisé par le Centre de microbiologie du sol et de l'environnement, à l'initiative de pacques Brossier, président du centre de l'INRA, et de Silvio Gianinazzi, directeur de recherche au CNRS.
Il se tient au Conseil régional de Bourgogne et il traite de "l'ingéniérie microbiologique des sols".
Il témoigne de l'implantation du Centre de microbiologie au service du développement de l'agriculture bourguignonne et du partenariat fort que le Conseil régional a construit pour soutenir ses recherches.
Ce colloque est aussi un hommage rendu à Gérard Catroux, directeur de recherche à l'INRA, créateur du centre de microbiologie du sol et de l'environnement en 1994.
En votre nom à tous, je vais remettre à Gérard Catroux, pour le remercier de son action au service de la Bourgogne, la grande médaille de la Bourgogne, qui est la représentation en bronze du sceau avec lequel Charles le Téméraire paraphait ses décisions.
Le CMSE, ce sont plus de cent chercheurs, ingénieurs, techniciens, thésards de l'INRA, du CNRS et de l'Université de Bourgogne, rassemblés dans deux grandes unités mixtes de recherches implantées à Dijon et partiellement à Bretenières.
Leur champ d'action : tout savoir sur les "microorganismes", sur leurs associations avec les racines des plantes, sur les conséquences que leur développement entraîne pour la vie du sol et l'état sanitaire des plantes.
C'est l'un des centres les plus importants d'Europe, reconnu dans le monde entier. L'une des fiertés de la recherche bourguignonne.
Pendant longtemps, pour satisfaire les besoins de nourriture de l'homme, les productions végétales ont utilisé le sol presque uniquement comme un support physique recevant les intrants nécessaires à l'augmentation des rendements : engrais et pesticides notamment. Certes, un accroissement spectaculaire des rendements a été obtenu, mais à quels résultats 1 Une pollution accrue de l'eau et du sol.
Aujourd'hui, la société prend conscience de la nécessité de préserver les ressources naturelles, de protéger l'environnement, de cultiver durablement et différemment. Elle réclame toujours plus de sécurité alimentaire.
Or le sol n'est pas qu'un support physico-chimique : c'est avant tout un formidable bioréacteur riche en microorganismes.
Ces microorganismes jouent un rôle biologique important dans les transformations des composants du sol (carbone, azote, phosphore), donc dans la nutrition des plantes, dans la résistance aux maladies, dans le devenir des sols.
Toutes ces potentialités ont été jusqu'à présent insuffisamment décryptées et exploitées, faute des outils scientifiques appropriés.
Aujourd'hui, elles le sont - en partie grâce à votre action. L'émergence de technologies nouvelles liées à la génomique conduit à des progrès dans l'étude des microbes du sol et de leurs interactions avec les plantes. Non pas pour développer des OCM mais pour identifier les espèces microbiennes et leurs fonctions, connaître les signaux qui permettent leurs liaisons avec les systèmes racinaires.
Le Centre de microbiologie du sol et de l'environnement conduit à la fois des recherches fondamentales et des recherches appliquées permettant le développement d'une agriculture raisonnée et respectueuse de l'environnement. C'est cette agriculture qui est notre objectif.
De telles recherches concernent aussi bien la mise au point de technologies alternatives, de procédés de traitements des sols pollués que la définition d'outils de diagnostics biologiques et la prévision des risques.
Le Conseil régional a soutenu dès le départ et soutiendra les recherches du CMSE.
Il va réaliser avec l'INRA, sur ses fonds propres, un bâtiment qui accueillera l'ensemble des chercheurs du centre.
Il a toujours porté le plus grand intérêt aux transferts de technologie et aux innovations issues de la recherche. Henri Jolimet le rappellera tout à l'heure.
C'est la raison pour laquelle je me félicite de l'initiative originale de ce colloque. Que ses organisateurs soient remerciés et que votre journée de travail à Dijon soit une réussite.
J'ajoute que je financerai la publication des actes du colloque. En homme de l'écrit, je pense qu'il ne devrait pas y avoir de colloque sans publication des actes.
Bon travail à tous !


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