Voici le premier colloque organisé par le Centre de microbiologie du sol et
de l'environnement, à l'initiative de pacques Brossier, président du centre
de l'INRA, et de Silvio Gianinazzi, directeur de recherche au CNRS.
Il se tient au Conseil régional de Bourgogne et il traite de "l'ingéniérie
microbiologique des sols".
Il témoigne de l'implantation du Centre de microbiologie au service du développement
de l'agriculture bourguignonne et du partenariat fort que le Conseil régional
a construit pour soutenir ses recherches.
Ce colloque est aussi un hommage rendu à Gérard Catroux, directeur de recherche
à l'INRA, créateur du centre de microbiologie du sol et de l'environnement en
1994.
En votre nom à tous, je vais remettre à Gérard Catroux, pour le remercier
de son action au service de la Bourgogne, la grande médaille de la Bourgogne,
qui est la représentation en bronze du sceau avec lequel Charles le Téméraire
paraphait ses décisions.
Le CMSE, ce sont plus de cent chercheurs, ingénieurs, techniciens, thésards
de l'INRA, du CNRS et de l'Université de Bourgogne, rassemblés dans deux grandes
unités mixtes de recherches implantées à Dijon et partiellement à Bretenières.
Leur champ d'action : tout savoir sur les "microorganismes", sur
leurs associations avec les racines des plantes, sur les conséquences que leur
développement entraîne pour la vie du sol et l'état sanitaire des plantes.
C'est l'un des centres les plus importants d'Europe, reconnu dans le monde
entier. L'une des fiertés de la recherche bourguignonne.
Pendant longtemps, pour satisfaire les besoins de nourriture de l'homme, les
productions végétales ont utilisé le sol presque uniquement comme un support
physique recevant les intrants nécessaires à l'augmentation des rendements :
engrais et pesticides notamment. Certes, un accroissement spectaculaire des
rendements a été obtenu, mais à quels résultats 1 Une pollution accrue de l'eau
et du sol.
Aujourd'hui, la société prend conscience de la nécessité de préserver les
ressources naturelles, de protéger l'environnement, de cultiver durablement
et différemment. Elle réclame toujours plus de sécurité alimentaire.
Or le sol n'est pas qu'un support physico-chimique : c'est avant tout un formidable
bioréacteur riche en microorganismes.
Ces microorganismes jouent un rôle biologique important dans les transformations
des composants du sol (carbone, azote, phosphore), donc dans la nutrition des
plantes, dans la résistance aux maladies, dans le devenir des sols.
Toutes ces potentialités ont été jusqu'à présent insuffisamment décryptées
et exploitées, faute des outils scientifiques appropriés.
Aujourd'hui, elles le sont - en partie grâce à votre action. L'émergence de
technologies nouvelles liées à la génomique conduit à des progrès dans l'étude
des microbes du sol et de leurs interactions avec les plantes. Non pas pour
développer des OCM mais pour identifier les espèces microbiennes et leurs fonctions,
connaître les signaux qui permettent leurs liaisons avec les systèmes racinaires.
Le Centre de microbiologie du sol et de l'environnement conduit à la fois
des recherches fondamentales et des recherches appliquées permettant le développement
d'une agriculture raisonnée et respectueuse de l'environnement. C'est cette
agriculture qui est notre objectif.
De telles recherches concernent aussi bien la mise au point de technologies
alternatives, de procédés de traitements des sols pollués que la définition
d'outils de diagnostics biologiques et la prévision des risques.
Le Conseil régional a soutenu dès le départ et soutiendra les recherches du
CMSE.
Il va réaliser avec l'INRA, sur ses fonds propres, un bâtiment qui accueillera
l'ensemble des chercheurs du centre.
Il a toujours porté le plus grand intérêt aux transferts de technologie et
aux innovations issues de la recherche. Henri Jolimet le rappellera tout à l'heure.
C'est la raison pour laquelle je me félicite de l'initiative originale de
ce colloque. Que ses organisateurs soient remerciés et que votre journée de
travail à Dijon soit une réussite.
J'ajoute que je financerai la publication des actes du colloque. En homme
de l'écrit, je pense qu'il ne devrait pas y avoir de colloque sans publication
des actes.